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Critique de The Code

The Code

Série australienne actuellement en diffusion, The Code base son intrigue sur le thème très porteur du hacking et de la cybercriminalité. Un journaliste et son frère, hacker repenti, enquêtent sur la mort d’une adolescente, liée à un mystérieux camion au chargement top secret. La série tombe, hélas, dans un travers habituel du cinéma : le hacker est présenté comme une sorte de demi-dieu de l’informatique capable de hacker un site top secret en cinq minutes. Rien à voir avec la réalité du hacker, pouvant passer des nuits à la recherche de vulnérabilités le plus souvent inexploitables. La série pèche également en plongeant trop brutalement le spectateur dans l’intrigue, sans aucune introduction.  Dommage car une fois les acteurs en tête, la série est plutôt plaisante à regarder et donne envie de connaître la suite. L’environnement australien dépayse, la réalisation est soignée et les acteurs sont bons.

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Cybersécurité : promouvoir la création française

logo-du-fic-2015Le septième Forum international de la cybersécurité (FIC) vient de se tenir à Lille. Il est à la fois le relais et la sonde de la stratégie française en matière de sécurité des systèmes d’information. Cette manifestation étantétroitement liée à l’État, le discours d’ouverture a porté, sans surprise, sur la lutte contre le “cyberdjihadisme” et le renforcement de la surveillance. Ce discours anxiogène a, hélas, masqué le véritable intérêt du FIC : les dizaines de PME françaises et européennes venues nouer des liens entre elles et présenter leurs innovations. Si beaucoup n’ont fait qu’industrialiser des technologies méconnues venues du monde du logiciel libre, quelques acteurs ont su proposer aux entreprises des services de pointe à forte valeur ajoutée. Trois innovations ont retenu notre attention. La première est signée AriadNext, startup rennaise créatrice d’un service de validation en temps réel de documents officiels (passeports, RIB…). Leur pro-
duit, développé en partenariat avec l’administration, permet une sécurisation des souscriptions et une réduction du nombre de fraudes.

Capgemini tend un piège aux pirates

La deuxième est le système d’authentification de la société GenMSecure. Celle-ci a bâti une application ergonomique, remplaçant à la fois le traditionnel identifiant-mot de passe et les codes de validation par SMS pour toutes les transactions sensibles. Lorsqu’une opération requiert l’autorisation de l’utilisateur, celui-ci la confirme avec son téléphone, de manière sécurisée, par le biais d’un code unique. Citons enfin Capgemini, pour son positionnement sur le marché embryonnaire mais prometteur des honeypots. Un honeypot est un piège destiné aux cyberattaquants : s’il est invisible pour l’utilisateur normal, il attire dans un piège celui qui cherche à déjouer les mesures de sécurité. Quand un attaquant tente de s’introduire dans ce piège, il est automatiquement banni. Ce septième FIC s’est donc montré très positif. Plus d’une centaine d’exposants, des milliers de visiteurs et un secteur inventif.

Si le marché européen n’est rien par rapport au géant américain, le développement d’une expertise “locale” est capital dans une optique d’indépendance stratégique. Laisser les Américains ou toute autre puissance avoir pour clients des entreprises françaises revient à leur offrir l’accès à nos données… Le développement et la préservation d’une expertise française est en ce sens une priorité stratégique majeure.

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Qu’est-ce qu’un développeur ?

Je suis un développeur. Cette phrase est une évidence désormais pour moi-même et mes collègues. Mais en quoi consiste la profession qui se cache derrière ce terme ? Cet article tente une définition du développeur, d’où qu’il vienne et où qu’il soit. Il exclut ceux qui sont passés du côté managérial de la force car ils n’ont plus le même métier.

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Il est évident que le développeur est à classer dans le secteur tertiaire, selon la classification communément admise. Le développeur apporte une solution technique, majoritairement sous forme de code, c’est à dire de donnée (un traitement est une donnée), à partir de matière grise et d’outils informatiques. Son métier n’a aucun lien direct avec le monde des objets physiques. Il ne peut avoir un lien avec celui-ci qu’en contrôlant des objets électromécaniques ne faisant pas partie de son domaine de compétence propre. Il ne travaille que dans le monde du logiciel.

Le travail

Le travail du développeur est en 3 parties, souvent confiées à d’autres acteurs à mesure que les équipes grandissent :

  • Il doit tout d’abord analyser et comprendre un problème. Parfois le problème doit être extrait des pensées confuses d’un non-technicien ce qui n’arrange rien. Heureusement le chef de projet a été inventé pour le dialogue client ! Si l’équipe ne travaille pas avec les méthodes agiles, un cahier des charges est produit puis validé par le client.
  • Le développeur doit ensuite trouver une solution technique à un besoin et la traduire en code. Dans les équipes de taille réduite c’est le développeur qui découpe son travail lui-même. Plus la taille augmente, plus il est cantonné à une partie infime du tout.
    Cette partie est le cœur nucléaire du développement (ou l’usine à gaz, c’est selon), l’analyse et la programmation sont la définition même du métier. Ici le développeur utilise son intelligence pour reproduire sous forme de traitements informatiques le comportement attendu dans les spécifications de la tâche qui lui est attribuée. Il utilise pour cela, des notions théoriques, son expérience mais aussi sa vision des choses et sa manière de penser.
  • La troisième partie est la livraison : la solution technique doit être rendue disponible au client. Cette partie comprend l’installation, la documentation et la démonstration. Dans les équipes de taille supérieure, des personnes sont attribuées spécifiquement à cette tâche. Le débogage éventuel, qui suit cette phase, entre dans la même catégorie que la production technique initiale. Le bug est la conséquence d’une malfaçon (humainement normale ou non).

La formation initiale

La formation d’un développeur est assez hybride, entre une formation d’ingénierie et une formation artisanale. Très souvent, surtout en école privée, le développeur est également formé au management, en vue d’une évolution future vers des postes de ce type. Dès son premier jour de formation, souvent même avant, le futur développeur pratique la programmation. La conception n’est pas encore une préoccupation pour lui mais rapidement, par l’échec pratique et la formation théorique, l’apprenant va commencer à concevoir des systèmes de plus en plus complexes, réutilisables, interopérables et maintenables.

La virtualité du code détermine le mode de formation. C’est parce que coder n’a pas d’autre conséquence sur le monde réel que de consommer de l’énergie, que le développeur peut échouer et recommencer tant qu’il le souhaite, avant de rentrer dans le monde professionnel où son temps devient de l’argent.

Deux grands courants s’affrontent concernant l’instruction des développeurs : l’approche projet et l’approche magistrale.

Pour les tenants de l’approche projet, l’apprenant doit au cours de son cursus, mettre en application ses compétences dans des projets encadrés. Il sera noté à la fois sur ces projets et sur des compétences théoriques dispensées pendant des cours. Cette approche a l’avantage d’harmoniser le niveau technique d’une promotion, mais au prix de la créativité des plus entreprenants.

L’approche magistrale, elle, ne note que sur les compétences théoriques. Elle laisse à la curiosité des apprenants l’apprentissage pratique. Son inconvénient principal est d’avoir en sortie des niveaux assez disparates de compétences pratiques, variant selon la curiosité de chacun. Pour cela, elle se retrouve plus dans les facultés que dans le privé, qui souhaite maintenir une « cote » homogène à son diplôme.

La profession n’exclut pas les autodidactes, bien qu’ils puissent avoir plus de difficultés à entrer et à progresser dans l’univers de la grande entreprise.

La formation continue

La formation d’un développeur n’est jamais terminée. A moins qu’il ne travaille dans le seul entretien d’un existant sénescent (COBOL, vieux mainframes …), le développeur a le devoir de se tenir informé des nouvelles technologies du numérique en général. Le développeur étant souvent technophile (technocritique à minima) cette partie ne lui pose en général aucun problème.

La seconde obligation du développeur est de ne jamais arrêter son entraînement. A l’image des maîtres des anciens Métiers, il doit toujours être en recherche de l’amélioration. Le développeur est un véritable artisan : le seul moyen qu’il possède d’augmenter sa productivité est de s’améliorer lui-même, nulle machine ne peut remplacer l’essence de son métier qui est de concevoir (lorsque ce jour sera venu, il faudra sérieusement s’inquiéter).

Si le développeur doit tendre à la perfection individuelle, la même chose vaut pour l’équipe. La méthode utilisée, en revanche, diffère fondamentalement selon que l’on se trouve dans une petite équipe ou dans une équipe plus grande. Dans une petite équipe, l’amélioration se fera principalement par la discussion et la découverte de synergies entre les membres. Dans une équipe plus grande, il est impensable qu’un développeur connaisse bien tous ses collègues ! L’amélioration des performances devient une question organisationnelle dépendant de la hiérarchie. Elle passe souvent par une division du travail et une standardisation des environnements et méthodes. Le développeur a moins son mot à dire.

Les outils

Pour son travail le développeur utilise un ordinateur. Cela paraît idiot à dire mais mérite d’être dit car cela inclut deux choses : l’ordinateur comme interface physique (clavier, souris, écran(s)) et l’ordinateur comme plateforme logicielle. L’efficacité des deux influe sur la productivité du développeur.

Le développeur accomplit sa mission en utilisant un ou plusieurs langages de programmation. Ils sont traduits en langage machine par un compilateur ou un interpréteur. Très souvent, le développeur entoure cet outil fondamental d’une suite d’autres outils, qui constituent son environnement de développement. Dans les faits, la multitude des options de configuration permet de ne jamais trouver deux développeurs avec exactement le même environnement. Si, pour garantir la cohérence d’une équipe, certains outils doivent être partagés, la majeure partie est entièrement personnalisable. Même dans les équipes massives le développeur ne sera jamais complètement standardisé.

La productivité de l’environnement est un facteur majeur de productivité du développeur. Avec cet environnement il va produire du code de deux types : applications et modules. Les applications sont destinées à un usage précis et sont un agrégat de modules, cimentés par du code. Les modules sont, eux, destinés à être réutilisés dans plusieurs applications, ils peuvent être considérés comme des outils et comme des sous-produits.

Les modules sont un facteur crucial de la productivité d’une équipe de développeurs. Ils permettent de ne pas réinventer la roue à chaque fois, en posant des interfaces simples sur des procédures plus complexes. Ils ont également l’intérêt de factoriser le code : un module crée une fois peut être appelé dans plusieurs parties d’un code. Enfin, ils le remplacement aisé de parties d’un programme, en minimisant les changements à opérer sur le tout.

Rapport au travail et à l’emploi

Le développeur est un employé de bureau, qu’il travaille dans des locaux d’entreprise, chez lui ou bien en nomade. Son rapport à l’emploi est exactement le même que pour un employé de bureau classique et dépend fortement de la structure dans laquelle il choisit de travailler. Le poste et la mentalité d’un développeur change radicalement selon qu’il soit dans une PME ou une grosse structure. Son appréciation de son travail dépend principalement de la taille de l’équipe à laquelle il est intégré.

Un point cependant change fondamentalement par rapport à l’employé de bureau, point qu’il peut partager avec l’ingénieur ou le chercheur : Le rapport du développeur à son travail est essentiellement d’ordre artisanal. Le développeur s’identifie plus volontiers par ce qu’il fait, que par où il le fait. Chez le col blanc « classique » c’est l’entreprise et la position hiérarchique qui identifient la personne. Ce penchant artisanal se retrouve également dans les projets personnels, plus ou moins nombreux et achevés, que le développeur réalise en extra-professionnel, caractéristique que l’on retrouve chez certains artisans.

Un développeur travaillant en grande entreprise a tendance à faire partie d’équipes plus grandes, tenant souvent plus de la chaîne de montage que de l’équipe humaine. Cela n’est pas toujours vrai mais ça change le rapport qu’il peut avoir à son travail : en grande équipe il s’identifie plus par sa position, tel l’employé de bureau, que par ses réalisations. Le développeur qui ne travaille que sur une petite partie d’un tout sans en avoir forcément une vision d’ensemble, aura bien plus de mal à s’y reconnaître.

Le pouvoir

Le développeur est un technicien : c’est-à-dire qu’il est formé à des techniques auquel le commun des mortels ne comprend rien. Il a donc un ascendant sur l’utilisateur final non-technicien. Dans beaucoup de situations, le conseil est une obligation légale. Dans le reste des cas, c’est au développeur en son âme et conscience de décider quel degré de transparence, d’honnêteté et de pédagogie il appliquera.

Le technicien-développeur produit du code. Ce code n’est pas neutre : il impose à l’utilisateur la vision du commanditaire, déformée par le développeur. Lorsque les traitements dans l’entreprise sont entièrement manuels, l’empirisme et le ressenti produisent des méthodes de travail relativement souples, sauf ordres stricts de la direction. Lorsque l’on remplace l’humain par l’ordinateur il se produit une réduction de la créativité. L’ordinateur est aussi créatif que drôle. La créativité d’une équipe humaine est bridée par la rigidité de la machine. Si le développeur à le pouvoir d’assouplir et de rendre ergonomiques ses solutions, jamais il ne pourra s’empêcher d’imposer de la rigidité.

Le code n’est pas non plus sans conséquences économiques. En particulier le code de mauvaise qualité. La gravité économique de la sous-qualité dépend de deux facteurs : la criticité de l’application et l’ampleur des défauts. Le principe de Peter est fondamental lorsqu’il s’agit de manager des développeurs. Un mauvais développeur placé à un endroit stratégique peut couler, ou gravement handicaper, une entreprise. Mieux vaut pas d’outil informatique du tout, qu’un outil qui représente une perte de productivité à un poste donné. D’autant que le développement à un coût non-négligeable.

Conclusion

Le développeur est une sorte d’hybride entre deux tendances : l’artisan-codeur et le salarié du tertiaire. Le poids de chaque tendance varie selon le contexte de travail. Armé d’un ordinateur et de son cerveau, le développeur va, seul ou en équipe, bâtir les briques de la société de l’information, colonne vertébrale de nos sociétés post-industrielles. Tout, aujourd’hui, est informatisé. Si la technique informatique n’est pas neutre en elle-même, les traitements informatiques le sont encore moins car elles sont des œuvres humaines. L’humain derrière chaque application se trouve être un développeur, avec ses compétences, son éthique, sa vision du monde, sa manière de travailler et ses idées. Si ce qu’il réalise est soumis à des contraintes (contractuelles, physiques, informatiques), il joue néanmoins un rôle majeur dans la manière dont se dessine la société de demain, rôle proportionnel à la place qu’occupe l’informatique dans celle-ci.

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Test d’Assassin’s Creed Unity

Moins manichéen que ses prédécesseurs, techniquement réussi mais historiquement passable, le dernier jeu de la série Assassin’s Creed se révèle bien plus intéressant qu’attendu.

Les augures étaient bonnes : ce cher Mélenchon ressorti de son placard pour critiquer un jeu; il ne pouvait pas être si mauvais que ça.Je ne m’attarderais pas sur les bugs, ne les ayant pas expérimentés sur ma machine, ni sur l’optimisation, très variable selon le hardware de chacun.

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Une oeuvre vidéoludique

La première chose qui frappe en se plongeant dans ce jeu est qu’il est beau. Paris est modélisé avec une myriade de détails, à l’échelle 1:1 s’il-vous plaît pour une zone délimitée par les Invalides, le Panthéon, la Bastille et l’ancienne Madeleine. Une ville vivante, même si les dialogues sont parfois un peu illusoires (les gens pensaient à manger, pas à crier « mort au tyran » à chaque coin de rue).Musicalement c’est cohérent et beau, la musique colle aux situations, l’ambiance électrique de la Révolution est parfaitement rendue dans la bande son.

La ville fourmille de quêtes, souterrains, personnages à rencontrer, bâtiments à explorer (premier jeu de cette série avec autant d’intérieurs accessibles).

Les modélisateurs comme les artistes ont fait un excellent travail pour ce jeu.

Un gameplay bien amélioré et plaisant

Assassin’s Creed souffrait de pas mal de défauts dans les opus précédents : la linéarité et la répétitivité du jeu, la course libre peu contrôlable, le manque d’infiltration pour un jeu d’assassins. Visiblement Ubisoft a entendu les plaintes des joueurs et en a pris compte. Le jeu fourmille de quêtes annexes variées et ancrées dans les anecdotes historiques parisiennes. La course libre a été grandement améliorée, si il reste quelques imperfections, le côté simiesque des déplacements a disparu. Le héros ne monte plus n’importe où de manière illogique.

Enfin l’infiltration occupe la place qu’elle aurait toujours du occuper dans un jeu de ce genre. Même si un mode difficile manque avec des ennemis plus réceptifs et réactifs, il n’est désormais plus possible de foncer dans le tas face a des ennemis de même niveau, sous peine de mort.

Le mode coopératif est très intéressant pour peu de jouer avec des amis. La sélection aléatoire tombe souvent sur des joueurs mauvais ou indisciplinés.Le coté RPG Coopératif est intéressant avec de l’équipement permettant de choisir un style de jeu.

Historiquement incorrect

Sur le plan historique, le jeu présente un bilan mitigé, voire désastreux par moments.

Une mission fait par exemple fait la déplorable erreur de dire que les hébertistes furent des « fanatiques royalistes ». Le peuple tient des discours incohérents pour l’époque, se préoccupant plus de grandes idées que du manque de pain. Le jeu laisse penser que l’Ancien Régime était dépourvu de justice (le héros est embastillé pour un meurtre qu’il n’a pas commis, sans aucune forme de procès). La narration n’hésite pas à invoquer le mot « peuple » à toutes les sauces, oubliant les inégalités criantes entre la bourgeoisie (absente du jeu) et le bas-peuple.

Le jeu présente des points positifs néanmoins, la noblesse et le clergé ne sont pas caricaturés outre mesure. Beaucoup de figures de la révolution ont l’image qu’ils méritent, Mirabeau, Robespierre, Bonaparte ou encore le Marquis de Sade, rendu à merveille !Le roi Louis XVI est représenté assez justement. Il est mal préparé au trône, dans une époque impitoyable et mouvementée et cela ressort bien.

La barbarie de la Révolution est omniprésente, que ce soit avec les radicaux violents ou par le biais de scènes comme les massacres de Septembre.

Idéologiquement mitigé

Il ne faut pas se leurrer, ce jeu reste un Assassin’s Creed, avec le message anarchiste que la série propage depuis le début. Le jeu se conclut par un message d’un athéisme déplorable, les missions moralement douteuses sont légion (voler des calices consacrés pour s’infiltrer dans le culte de Baphomet …). Le jeu est néanmoins assez délicat pour ne pas tirer sur l’Église, reconnaissant même qu’elle partageait la misère de ses fidèles.La fin du jeu prend même la forme d’un dialogue entre le Grand Maître des Templier parlant de « progrès inéluctable » et les assassins, prônant le libre arbitre face à un destin imposé d’avance. Serait-ce une représentation du la querelle du libre-arbitre et de la grâce ?La plus grande surprise de ce jeu est qu’il n’est pas frontalement anti-monarchique, même si il fait passer la monarchie comme dépassée par la « Liberté » selon les moments. Louis XVI est bien décrit comme victime d’un procès truqué, ses derniers mots où il espère que « son sang servira à cimenter le bonheur des français » ne sont pas oubliés. Les déclarations des Templiers sont même complètement inespérées : « Lorsque la mitre et la couronne tombent c’est l’or qui détermine qui a le pouvoir ».Les Templiers en eux-mêmes montrent les rouages qui ont amené à la révolution. Durant tout le jeu ils manipulent le peuple, jouent sur les cours du grain, paient des orateurs, incitent au massacre, assassinent les modérés … La Terreur est leur œuvre.

Conclusion

Techniquement c’est une réussite. On peut regretter le manque d’experts historiques sérieux (ils ont travaillé avec seulement 2 référents, dont un niant le génocide vendéen). Idéologiquement on peut trouver des points très positifs, même si Assassin’s Creed nous réchauffe la même soupe libertaire et anarchiste. Impossible de se positionner dans ce conflit autrement que pour la Liberté abstraite. Ce jeu est moins manichéen que ses prédécesseurs mais reste encore assez moyen sur ce plan.

Néanmoins, d’un point de vue personnel, je recommande ce jeu, très plaisant à jouer et moins mauvais que ses prédécesseurs sur bien des points.

Si je devais le noter, ce jeu aurait un 16/20.

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Du transhumanisme

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L’enfer technicien est pourtant pavé des meilleures intentions. On nous promet abondance, bonheur et santé grâce à la machine. C’est tout juste si tel un marabout-de-boîte-aux-lettres l’expert ne nous promet-il pas la chance et la guérison de la calvitie ! Même speech en somme que pour toutes les techniques du passé, le téléphone, le nutritionnisme ou le nucléaire.

Mais c’est oublier les risques – inhérents à toute technique – et l’aliénation de l’homme : le cerveau humain fonctionne de manière chaotique et partiellement rationnelle quand la machine est procédurale et pleinement rationnelle.
Comment le cerveau humain, qui ne vit et ne créée que grâce à sa part d’irrationnel, y survivrait-il ? Vouloir mélanger les deux, c’est ouvrir la boîte de Pandore, c’est créer un hybride viable,  certes, mais à quel prix ! Nous perdrions une grande partie de notre libre arbitre, les décisions revenant à la machine greffée en nous, en fait à l’entreprise qui la vend. Ce que notre corps gagnera, notre esprit le perdra. Notre âme, après avoir été niée par des siècles de nihilisme, sera irrémédiablement dissociée de notre corps. 

Les buts

L’état, ce monstre amorphe devenu le jouet des gardiens du savoir, nous attend au tournant : il ne prendra ni plaisir ni haine à éradiquer notre humanité pour faire de nous les bons soldats du capital. En effet un des buts officieux du transhumanisme est l’augmentation de notre productivité, dont la contrainte majeure est actuellement nos limites physiologiques. La suppression de la chaîne de commandement, le rapport direct entre l’individu et le gouvernant est un autre but officieux. Nul besoin d’intermédiaires, de buts, d’idéaux ou de capos lorsque l’esprit est asservi, contrôlé et surveillé par la machine. Même Orwell n’avait pas été aussi loin, cela le dépassait.

Qui passera le Styx ?

Le nouveau transhumain dépassera l’humain dans toutes ses capacités physiques (voire mentales ?), ce qui est bien plus inquiétant que réjouissant : Ce ne sont pas en effet les grands d’âme qui souhaiteront souiller leur corps et aliéner leur esprit de cette manière.
Les futurs transhumains le deviendront par envie, par contrainte ou par stupidité; Cette lie de l’humanité insatiable de pouvoir que nous ne connaissons que trop dans notre monde bourgeois décadent, ces pauvres hères enchaînés aux contraintes de leur non-existence moderne et ces chèvres confondant être et avoir : voilà les potentiels transhumains.

L’élite errante

Les premiers sont les plus dangereux : nous parlons de gens déjà capables de vendre leur âme au démon pour plus de pouvoir. La sorcellerie est déjà le lot commun de beaucoup de ceux-ci. Le transhumanisme ne les rendrait que plus nuisibles et inamovibles.
Le rêve de tous ces gens est d’être immortels, sur un tas d’or et de cadavres toujours grandissant. Ils n’ont déjà plus d’âme, ils n’ont rien à perdre en accueillant la machine en eux.
Cette engeance sans noblesse ni scrupules est déjà acquise au technicisme et au Malin. La chute viendra par eux. Ils sont déjà au pouvoir; Ils choisissent les orientations de la recherche et de l’industrie.
Leurs langues sont dorées afin de faire passer pour de la charité et de la bonté ce qui n’est que leur soif de pouvoir et d’ascendant sur le bas peuple. Ils feront passer l’homme-machine comme le salut pour les malades et les invalides ; ils feront pleurer dans les chaumières pour mieux vendre nos larmes au prix du fiel.

Les damnés

Les seconds ne changeront jamais, éternels damnés du monde des vivants. Opprimés depuis leur naissance, ils sont incapables de s’affirmer, de se libérer et de se dresser debout sur le tas de ruines qu’est leur vie après une existence de compromis et de soumission.
Ils sont prêts à accepter toutes les horreurs à condition qu’on les y amène progressivement et qu’on leur jette un os insignifiant en échange. En faire des machines ne sera qu’une étape de plus vers la perte de leur humanité.
Ils serviront en soupirant et en pestant, mais serviront tout de même ces maîtres ignobles et laids. Ils iront jusqu’en Enfer si la pente est suffisamment douce et qu’on leur promet le Paradis au bout du chemin.

Les consommateurs béats

Les troisièmes font partie des dégâts collatéraux de la modernité. Je ne pense pas qu’ils valent la peine de s’attarder sur eux, même par charité. Ce sont des zombis, obéissant à la seule musique du joueur de flute médiatique.
Ils sont les hommes réifiés, charmés et fascinés par la technique. Ignorants de tout et passablement heureux par ce fait, ils ne survivraient pas en dehors du monde moderne. Ils ne feront pas qu’accepter leur robotisation, ils courront vers elle pour peu qu’on y appose une marque branchée et un prix prohibitif, fiers de bouffer du surgelé pendant 10 ans pour se payer leur aliénation à prix d’or. Ceux-là en réalité ne sont pas seulement égarés, ils sont déjà au fond du gouffre et ne font que consommer lentement ce qu’il leur reste d’humain.
Vouloir les sauver est certes très noble, mais revient à vouloir vider un lac avec une louche. Tant que la source ne sera pas tarie il en poussera plus qu’il n’en faudrait à notre monde malade.

Les combattants

Qui restera-t-il pour refuser la machine ? Une poignée de Mohicans, ceux qui déjà résistent, moins ceux qui tomberont dans ce combat, quelles qu’en soient les raisons. Accepter de devenir transhumain au prétexte de se mettre au niveau de nos adversaires est une faute impardonnable. Un transhumain est certes puissant mais n’a plus toute sa raison ni toute sa volonté propre. Il est donc le jouet de nos adversaires, créateurs de ces techniques.
Il faudra aussi tâcher de sortir nos contemporains des sables mouvants du progrès. Certains, surtout les plus enracinés, sont lucides, mais n’arrivent pas à poser de mots sur leur ressenti. Il conviendra de les informer des dangers du transhumanisme ainsi que des justifications mensongères que les vipères qui nous gouvernent useront pour persuader les crédules et les ignorants.
Sur ce combat, contrairement à d’autres, une minorité de combattants ne fera pas pencher la balance seule. Il faut le soutien – passif à minima – des masses dormantes.

Un humain qui se robotise fait une opération irréversible, tant sur son corps que sur son esprit et devient perdu à jamais à notre cause au profit de nos adversaires. Il sera contrôlé à degré variable par nos ennemis pour mener leur combat, donc notre perte.
Si la majorité se réifie complètement, nous n’aurons plus qu’à nous coucher par terre en attendant d’être tués ou bien mis en réserve comme Huxley l’avait écrit. Nous ne pourrons plus rien changer, car la foule passive qui permit les basculements passés sera devenue une armée de robots, actifs dans le sens de l’ordre en place.

Ce qui nous placera dans un dilemme insoluble : se déshumaniser en croyant être efficace et se fondre dans la masse, ou bien mourir en cage au milieu des robots.

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Protéger ses données, tout numérique ou retour à l’analogique ?

Vous souhaitez envoyer une information sécurisée ?
Envoyez-là par La Poste, en double enveloppe, la seconde à l’envers dans la première.
L’analogique coûte bien trop cher pour pouvoir le surveiller massivement.
Une enveloppe simple protège très mal, il est peu difficile de glisser une caméra dans l’enveloppe en cas de doute (destinataire ou expéditeur fichés par exemple).
Pour un maximum de sécurité, n’hésitez pas à accompagner votre courrier d’un vieux brouillon, rendant même la plus puissante lampe inutile pour un déchiffrage par transparence.

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Soyez old school, c’est tellement minoritaire que ça n’est que peu surveillé.
Pour des fichiers, le mieux reste si vous ne savez pas comment crypter solidement, d’envoyer une bête carte SD par la poste (toujours en double enveloppe).

Ainsi le numérique, encapsulé dans de l’analogique, reste loin des grandes oreilles.

La voix est pas mal non plus. Pour peu que l’on se débarrasse de son téléphone, capable entre autres :
-D’écouter en champ proche
-De géolocaliser la personne (par GPS ou antenne)
-Certains modèles sont suspectés de photographier discrètement
-Les dernières bouses d’Apple enregistrent en plus vos empreintes, me dites pas que c’est juste pour éviter le vol du téléphone

Attention aussi avec les PC, aucune preuve formelle, mais je ne vois pas à quel titre ils ne feraient pas ce qu’ils font dans les téléphones.
En particulier les webcams, n’ayez pas confiance en la LED (mettez un cache). Les micros intégrés à tous les PC portables sont également à redouter. Là pas tellement de solution sinon une ouverture et débranchement (ainsi vous choisissez quand utiliser le micro en en branchant un externe)

Je voudrais terminer avec les OS. Fuyez Windows et Mac OS pour vos activités sensibles. Ils ont ouvert leur code aux gouvernements, pas aux utilisateurs. Cela veut tout dire.
Linux est de plus en plus accessible au grand public et sauf pour les joueurs, je ne vois pas de problèmes bloquants.

Plus que jamais il faut agir cachés. Le gouvernement dispose de moyens d’écoute extrêmement performants pour traquer et tenir dans son œil les éléments séditieux.
Mais nous ne sommes pas désarmés pour autant.

Soit on en a les compétences ou l’on souhaite les acquérir et on peut utiliser la technologie contre eux. Mais ces compétences requièrent un apprentissage et la moindre erreur peut créer une faille critique.

Soit on opte pour du classique, ce qui, bien fait est tout aussi efficace.
Après tout, Unabomber a réussi grâce à son rejet total de toute technologie et à son intelligence à rester l’homme le plus recherché des U.S.A pendant 18 ans. (Je ne dis pas de suivre son exemple en termes de modes d’action hein !)

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Agilité et maurassisme

Il est des choses comme ça que l’on croirait très éloignées, impossibles à rapprocher mais qui pourtant présentent des aspects communs que l’on ne remarque souvent que par hasard, celui d’une lecture, d’une rencontre d’un événement.Ici deux courants de pensées que j’aimerais rapprocher :

  • L’Agilité, réponse du bon sens à la rigidité et la lourdeur des idéologies industrielles regroupées sous l’appellation d’Organisation « Scientifique » du Travail (O.S.T) : Néo-Taylorisme, Juridisme, Procédurisme …
  • Le Maurassisme, ou positivisme politique en réponse aux idéologies politique issues de la révolution libérale : Marxisme, Libéralisme, Nazisme …

Premier constat : les deux sont des réponses à des concepts apparus autour de la révolution industrielle ou bien grâce à elle.

Second constat : les deux se basent sur l’étude rationnelle des faits pour tirer des conclusions, ce sont des contre-idéologies.

Troisième constat : les deux constatent la faillibilité de l’humain et plutôt que de la nier, font avec et bâtissent des systèmes résistants.

Quatrième constat : les deux prônent des systèmes basés sur les compétences de chaque acteur et la liberté absolue d’exercer un rôle bien précis plutôt que de vouloir des rôles larges de touche-à-tout bon-à-rien.

Cinquième constat : les deux voient la réorganisation interne du système comme un moyen d’adaptation.

Sixième constat : les deux voient d’un bon œil l’auto-organisation des acteurs.

Septième constat : les deux ont pour but de servir le plus efficacement le commanditaire.

Les deux ne servent pas les mêmes buts, mais je trouvais intéressant ce rapprochement.